ABC Terre

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Le secteur agricole contribue à hauteur de 20 % aux émissions globales de Gaz à Effet de Serre (GES) françaises (CITEPA, 2017). Par ailleurs, les agriculteurs subissent de plus en plus les conséquences du dérèglement climatique. Or, l’agriculture est capable de stocker du carbone dans les sols, compensant en partie ces émissions de GES.

ABC’Terre est une méthode robuste et innovante de calcul du stockage de carbone dans les sols agricoles et des émissions de GES des systèmes de culture. Elle innove en portant à connaissance des acteurs locaux, l’effet de leurs pratiques agricoles, en fonction de leurs sols, sur l’évolution du stock de carbone à long terme et les émissions de GES de leurs systèmes de culture.

La démarche ABC’Terre, à travers la concertation des acteurs agricoles locaux autour des résultats cartographiés lors d’ateliers participatifs, conduit à la construction d’un plan d’actions localisées, à partir de pratiques culturales adaptées aux enjeux et objectifs de chaque territoire, pour stocker plus de carbone dans les sols agricoles et émettre moins de GES.

Il convient de distinguer les utilisateurs de la démarche, qui mettront en œuvre les étapes de la méthode ABC’Terre, qui mobiliseront les acteurs agricoles territoriaux et qui animeront les ateliers de concertation (chambres d’agriculture, bureaux d’étude…) ; des bénéficiaires des résultats de la démarche (collectivités, agriculteurs, gestionnaires de parcs naturels ou de bassin d’alimentation de captage, acteurs agricoles du territoire…).

Téléchargez la plaquette ABC'Terre

En savoir plus sur la mise en œuvre de la démarche ABC’Terre sur un territoire

Le projet ABC'Terre-2A
Démarche ABC'Terre au service du territoire
Rappels sur le stockage de carbone

Le projet ABC’Terre-2A fait suite au projet ABC'Terre (Appel à projet REACCTIF ADEME 2012) qui a permis le développement du prototype de la méthode en 5 étapes.

 

ABC’Terre-2A (Appel à projet GRAINE 2016) : Application participative et Appropriation de la démarche ABC’Terre par les acteurs locaux.

Les principaux objectifs du projet ABC’Terre-2A (2017-2020) étaient de :

  • améliorer et automatiser la méthode ;
  • la tester sur les territoires pilotes, pour continuer de l’améliorer et pour évaluer son appropriation par les acteurs locaux ;
  • étudier les modalités de diffusion de la démarche.

La démarche participative a donc été testés sur 4 territoires pilotes, répartis partout en France (cf carte).

Les résultats de déploiement de la démarche sur les territoires pilotes, le retour d’expérience des acteurs locaux et d’autres documents ressources sont disponibles dans l’espace « Ressources ».

partenaires ABC’Terre 2A

Les collectivités territoriales de plus de 20 000 habitants sont obligées de mettre en œuvre un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) définissant les objectifs que se fixe la collectivité en termes de qualité de l’air, économies d’énergie et d’atténuation du changement climatique (décret n° 2016-849 du 28 juin 2016). Il comporte un volet agricole qui leur impose de réaliser une évaluation territoriale des émissions de GES ainsi qu’une évaluation de la séquestration du carbone dans les sols.

La méthode ABC Terre fournit ces évaluations. Elle permet, d’une part, une avancée majeure en estimant le stockage de carbone des sols, spécifiquement pour un territoire, en fonction des types de sols et des pratiques agricoles locales. Elle évite ainsi d’utiliser des coefficients fixes de stockage ou déstockage qui ne représentent pas la diversité des caractéristiques pédoclimatiques et agronomiques des territoires et qui ne permettent pas de réfléchir à des leviers d’actions précis pour améliorer le stockage de carbone dans les sols. La méthode ABC’Terre permet, d’autre part, d’intégrer cette évaluation de l’évolution des stocks de carbone des sols dans le bilan de GES du territoire, et mettre en évidence les émissions de GES pouvant être compensées par le stockage de carbone dans les sols.

Cette capacité à faire un lien direct entre sols, pratiques agricoles, stockage de carbone dans les sols et émissions de GES, permet d’ouvrir le dialogue avec les acteurs agricoles locaux et de leur donner les clés de compréhension sur l’impact de leur système de culture sur ces volets environnementaux. La concertation de ces acteurs, au cœur de la démarche ABC’Terre, permet l’émergence de scénarios alternatifs, correspondant à des modifications de pratiques culturales, élaborés de façon participative en fonction des systèmes de culture, des types de sols, des enjeux et objectifs du territoire. L’analyse concertée des résultats de simulation de ces scénarios alternatifs permet de construire un plan d’actions visant à stocker plus de carbone dans les sols et émettre moins de GES et aidant la collectivité à se fixer des objectifs pour lutter efficacement contre le changement climatique.

Au-delà d’un aspect réglementaire, la démarche ABC’Terre permet de fédérer les acteurs agricoles du territoire autour de questions environnementales, agronomiques et d’actualité.

Les plantes captent le carbone de l’atmosphère (CO2) et rejettent de l’oxygène (O2) grâce à la photosynthèse. Le carbone est ensuite incorporé dans le sol à travers les racines des plantes et la décomposition des résidus de cultures et des produits organiques grâce à l’activité des organismes du sol.

Les sols agricoles, piégeant ainsi le carbone, contribuent à l’absorption d’une partie de CO2 de l’atmosphère et améliorent leur fertilité et leur résilience face aux aléas climatiques. Cependant, les micro-organismes du sol peuvent également émettre du CO2, en présence d’oxygène dans le sol, par respiration.

Le stockage de carbone dans les sols résulte ainsi d’un bilan entre les « entrées » de carbone dans le sol (induites par la restitution des résidus de cultures, les apports de produits organiques, la décomposition des racines) et les sorties de carbone (pertes par respiration des micro-organismes, pertes par minéralisation de la matière organique, elle-même conditionnée par la texture du sol, le climat…). Il est difficilement possible d’agir sur les « sorties ». En revanche, à travers des pratiques culturales adaptées (les « entrées »), il est possible de maîtriser ce bilan en faveur d’un stockage de carbone dans les sols.