Démarche ABC’Terre

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ABC’Terre est avant tout une démarche territoriale participative qui repose sur les résultats du déploiement de la méthode ABC’Terre en 5 étapes. Une fois le diagnostic initial réalisé à partir de cette méthode, les résultats sont partagés et discutés avec les acteurs locaux mobilisés.

Ces ateliers permettent de comprendre les facteurs justifiant les flux de C org et de GES sur le territoire et de mettre en évidence les modifications de pratiques culturales possibles pour stocker plus de C org et atténuer les émissions de GES. Les scénarios alternatifs établis à l’issue de ces ateliers de concertation sont ensuite simulés avec ABC’Terre.

La comparaison des différents scénarios permet alors de déterminer quels sont ceux qui seront retenus pour construire le plan d’actions en cohérence avec les projets et problématiques des acteurs agricoles du territoire.

Mise en oeuvre de la démarche

Il convient de distinguer les utilisateurs de la démarche, qui mettront en œuvre les étapes de la méthode ABC’Terre, qui mobiliseront les acteurs agricoles territoriaux et qui animeront les ateliers de concertation (chambres d’agriculture, bureaux d’étude…) ; des bénéficiaires des résultats de la démarche (collectivités, agriculteurs, acteurs agricoles du territoire…).

Les utilisateurs, formés et licenciés à la démarche ABC’Terre, seront accompagnés par Agro-Transfert RT pour tout ou partie du déploiement. Il conviendra en tout premier lieu de retenir parmi les différents scénarios d’accompagnement existant, le plus adapté à l’expérience de la structure utilisatrice, aux spécificités du territoire et aux objectifs des bénéficiaires.

Il est nécessaire que l’utilisateur ait des compétences en production végétale ; qu’il maîtrise le contexte agronomique territorial ; qu’il ait un intérêt pour le traitement de données ; qu’il dispose de capacité d’animation pour mener à bien les ateliers participatifs ; et qu’il ait dans l’idéal des connaissances en pédologie et en science du sol. La polyvalence demandée par ABC’Terre peut difficilement être portée par un seul conseiller. La constitution de duos ou trios référents par territoire peut alors être envisagée pour porter l’ensemble de ces compétences.

Il est important que le ou les utilisateurs ait du temps dédié à la démarche ! Le déploiement peut prendre du temps en fonction des enjeux, spécificités et objectifs du territoire (entre 20 et 40 jours). Néanmoins, ce ou ces utilisateurs auront à disposition les documents ressources nécessaires ainsi que le soutien d’Agro-Transfert RT, pour garantir la bonne mise en œuvre de la démarche.

Pour connaître les conditions d’accès aux formations, aux outils structurant la méthode ou pour mettre en œuvre ABC’Terre sur un territoire, nous vous invitons à nous contacter.

Mobilisation des acteurs

Comme nous avons pu l’observer dans le cadre du projet ABC’Terre-2A, l’approche agronomique et pédologique de la démarche ABC’Terre suscite l’intérêt des agriculteurs. Leur mobilisation est rendue possible par les apports de connaissances, les phases de sensibilisation au stockage de C dans les sols en plus de l’atténuation des émissions de GES, et grâce aux ateliers participatifs.

L’accent a été mis sur la participation des agriculteurs lors de ces ateliers car ce sont les principaux acteurs des modifications de pratiques culturales, et car il n’est pas évident de les mobiliser dans le cadre d’autres démarches territoriales. Néanmoins, il est aussi conseillé de convier, comme ça a été le cas dans le cadre des déploiements tests du projet ABC’Terre-2A, d’autres acteurs du territoire : élus et chargés de missions des collectivités territoriales, ingénieurs GIEE [1] ou CETA[2], coopératives, chambres d’agriculture (dans le cas où ils ne sont pas animateurs)… Leur vision complémentaire ne peut qu’enrichir les échanges. De plus, la démarche ABC’Terre, à travers les thématiques qu’elle aborde, est un excellent outil pour fédérer les acteurs d’un territoire.

Pour connaître les phases de mobilisation des acteurs agricoles sur les territoires pilotes du projet ABC’Terre-2A : Brochures mobilisation des agriculteurs sur les TP ABC’Terre-2A

[1] CETA : Centre d’étude technique agricoles

[2] GIEE : Groupement d’intérêt économique et écologique

Les ateliers participatifs

Première phase de sensibilisation et d’échanges

Le premier atelier a pour objectif de motiver les agriculteurs à participer aux ateliers suivants qui structureront le déploiement de la démarche sur leur territoire. Cela se fait notamment par une phase de sensibilisation aux enjeux autour du stockage de carbone dans les sols et de l’atténuation des émissions de GES. L’objectif est aussi de recueillir les enjeux du territoire et les projets ou questions qu’ont ou que se posent les agriculteurs autour de la table. Au cours des ateliers, l’équipe d’animation tâchera de répondre à leur questionnement à travers des simulations ou des apports de connaissance.

Formations

Les apports de connaissances peuvent se faire à travers des formations à la gestion de la matière organique, à l’utilisation de Simeos-AMG ou encore à la multifonctionnalité des couverts d’interculture. Les interventions sont choisies en concertation avec les agriculteurs en fonction de ce qu’ils souhaitent approfondir pour alimenter les réflexions autour des résultats d’ABC’Terre et des propositions de modifications de pratiques cohérentes avec leur système, leur sol et des enjeux du territoire.

La cartographie participative

Ces ateliers servent beaucoup à l’équipe animatrice pour interpréter les résultats du diagnostic initial. En effets, les agriculteurs fournissent des éléments clés pour comprendre certains flux, certaines répartitions des matières organiques, certaines dynamiques sur le territoire.
Par exemple, des ateliers de cartographie participative peuvent être organisés. À partir d’une carte vierge du territoire, il est demandé aux agriculteurs de représenter leur exploitation, les grands types de sols et les systèmes de culture répartis sur le territoire, les zones à enjeux (érosion, biodiversité, nitrates, etc…), les infrastructures de types plateforme de compostage, industries agro-alimentaire, station d’épurations, coopératives…                                       
Les échanges qui ont lieu pour dessiner la carte mettent souvent en évidence des enjeux forts liés à la disponibilité des ressources, à l’évolution du territoire, aux risques environnementaux ou aux menaces qui pèsent sur les agriculteurs. Cette cartographie permet de valider le paramétrage initial de la méthode ABC’Terre, d’identifier les pistes d’interprétations à partir de la connaissance fine du territoire que les agriculteurs ont et par la suite de proposer des solutions cohérentes avec le zonage réalisé.

Bénéfices pour l’agriculteur à l’échelle de son exploitation

Ces ateliers sont utiles aux agriculteurs qui veulent apprendre de nouvelles notions, qui souhaitent approfondir certains fondamentaux (ex : bilan humique), qui veulent échanger avec les autres participants sur des difficultés techniques relatives à la mise en place de certaines pratiques et qui peuvent bénéficier des simulations sur leur propre exploitation.

Co-conception de systèmes de culture

Selon les territoires et les dynamiques de groupe, des ateliers de co-conception de systèmes de culture peuvent aussi être organisés. Ils permettent de travailler à une échelle complémentaire du territoire et de garantir une bonne appropriation des réflexions vis-à-vis des agriculteurs plus habitués à travailler à l’échelle de leur exploitation. La démarche d’animation est différente, elle peut être centrée sur un plateau de jeu par exemple où les pions sont des cultures, les cartes sont des objectifs à atteindre, etc…

Agilité de la méthode ABC’Terre

Les échanges lors des formations et des ateliers d’interprétation du diagnostic initial du territoire permettent de faire émerger des propositions de modifications de pratiques, à simuler par la suite via la méthode ABC’Terre. La souplesse de cette dernière permet de simuler, à l’échelle du territoire, différentes modifications de pratiques selon les types de sol, les type d’exploitation, les types de systèmes de culture… Dans l’un des territoires pilotes du projet ABC’Terre-2A, les propositions d’optimisation de la gestion des couverts d’interculture concernaient plutôt les sols limoneux profonds, majoritaires sur le territoire étudié, mais pas sur les sols superficiels de craie où les ambitions en matière de production de biomasse ne pouvaient être les mêmes.

Comparaison des différents leviers testés

Une fois les scénarios alternatifs, représentant les modifications de pratiques, réalisés, les résultats peuvent alors être discutées. Ils peuvent être illustrés sous forme de graphiques ou de cartes. L’intérêt de cette phase réside surtout dans la comparaison des résultats entre eux : Combien de tonne de carbone avons-nous stocké avec ce scénario par rapport au diagnostic initial ? Combien de tonnes de GES avons-nous émis en moins avec cet autre scénario ? Des comparaisons à des références du quotidien peuvent être utilisées pour être plus parlant (équivalent en nombre d’arbres plantés, en trajets en voiture ou en avions économisés). La comparaison des cartes, parce que très visuelle et abordable, permet de bien prendre en compte la diversité des sols, des types d’exploitation, des systèmes de culture, des enjeux (…) du territoire.

Construction du plan d’action

Ensuite, pour établir un plan d’action concret, les scénarios les plus pertinents pour le territoire sont retenus, selon des critères qui peuvent être très différents selon les territoires et les acteurs. Ce choix peut être guidé par la faisabilité technique de mettre en place les modifications de pratiques, par l’ambition des scénarios en termes de réductions des émissions GES, par l’intérêt agronomique que représentent les pratiques, par la réponse aux enjeux environnementaux du territoire autre que GES (ex : érosion), par le coût ou gain de la mise en place de chacun des scénarios, ou encore, par un objectif temporel en terme de mise en œuvre des actions (certains scénarios retenus à court, d’autres à long termes).

Pour aider à cette réflexion et étudier la façon dont le plan d’action peut être mis en place, un atelier « Speed boat » peut par exemple être organisé. Il permet de représenter de manière illustrée les forces, faiblesses, menaces et opportunités que représentent les actions proposées.

Pour en savoir plus sur l’adaptation de la mobilisation et du déploiement de la démarche en fonction des territoires pilotes du projet ABC’Terre : article en cours de rédaction AGT-UniLaSalle