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Les résultats présentés sur cette page sont issus de l’analyse régionale de 8 exploitations ayant fortement développé les complémentarités entre cultures et élevage sur leurs exploitations ou avec des exploitations voisines.

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

UNE GRANDE DIVERSITÉ DE PRATIQUES

Les complémentarités cultures et élevage peuvent se développer à l’aide d’un grand nombre de pratiques allant de l’introduction de prairies temporaires dans les rotations à la valorisation d’anas de lin comme litière. Tous les types de systèmes pourront ainsi trouver des pratiques qui leur correspondent et améliorer leur fonctionnement que ce soit des systèmes d’élevage basés sur l’herbe, sur l’ensilage de maïs ou des systèmes de cultures type SCOP.

POUR RÉPONDRE A QUATRE ENJEUX AGRICOLES

Les complémentarités entre cultures et élevage ne représentent pas un objectif à atteindre, mais elles permettent de répondre à quatre enjeux principaux :

  • L’autonomie vis-à-vis des marchés
  • La sécurité fourragère des élevages
  • La gestion de la fertilisation des cultures
  • La gestion des bio-agresseurs des cultures

Ainsi elles représentent des atouts importants pour l’élevage en réduisant les coûts alimentaires et en sécurisant l’alimentation du troupeau. Elles sont également des atouts pour les cultures en réduisant le coût en intrants, en améliorant la gestion de l’azote et des bio-agresseurs.

Ci-dessous :

  • Des vidéos témoignages chiffrés d’agriculteurs présentant les atouts de leurs complémentarités cultures et élevage
  • Des études de cas pour chacun des enjeux auxquels les complémentarités répondent
AUTONOMIE INTRANTS
SECU FOURRAGE
GESTION RAVAGEURS
FERTILI SOL

 

Mise en place dans des systèmes contraints comme dans des systèmes à haut potentiel

Les complémentarités cultures et élevage sont victimes de l’idée reçue selon laquelle elles ne seraient intéressantes que dans les systèmes soumis à de fortes contraintes ou avec des potentiels de sol limitants. Or parmi les exploitations analysées dans le cadre du projet, on retrouve des exploitations en système légumier, producteurs de betterave ou dont les rendements en blé sont supérieurs à 100 quintaux. Les agriculteurs ont ainsi jugé utile de mettre en place des complémentarités cultures-élevage et d’opter, entre autre, pour une stratégie d’autonomie vis-à-vis des marchés.

RENFORCER LA DURABILITÉ DES EXPLOITATIONS

L’analyse des impacts des complémentarités cultures et élevage a été faite à partir du diagnostic de durabilité du réseau CIVAM (pour en savoir plus sur ce diagnostic vous pouvez consulter la page du réseau, dont certains critères ont été modifiés pour mieux prendre en compte les complémentarités. L’étude a montré que huit de ces critères étaient directement impactés par les complémentarités cultures et élevage, plutôt positivement, mais deux d’entre eux peuvent également être impactés négativement. Certains critères, en particulier la rémunération du travail et la viabilité socio-économique sont impactés par les complémentarités cultures-élevage mais sont trop multifactoriels pour lier simplement pratiques de complémentarité et performance.

Description et analyse des huit critères de durabilité impactés

Voici les huit critères de durabilités impactés par les complémentarités cultures et élevage :

Pour en savoir plus sur la construction de ces huit critères, vous pouvez vous rendre sur la page dédiée

Le tableau ci-dessous synthétise les impacts des complémentarités sur les critères de durabilité qui ont pu être observés dans l’étude :

Ce tableau montre que certaines complémentarités ont plutôt des impacts positifs tandis que d’autres ont plutôt des impacts négatifs sur la durabilité des exploitations agricoles. Il faut ajouter, que certaines complémentarités peuvent avoir des impacts positifs sur un critère et un impact négatif sur un autre. C’est le cas par exemple de la production de fourrages. Si cette complémentarité est assurée par la mise en place d’un séchoir en grange, elle permettra bien d’améliorer d’autonomie économique, mais elle va dégrader la dépendance énergétique.

N.B : A l’exception de la dépendance énergétique, tous les impacts négatifs observés sont liés aux complémentarités impliquant des importations entre exploitations ou à l’échelle de la filière. Ces impacts sont à nuancer, car les importations locales qui se substituent à des importations d’intrants produits à l’international (exemple du tourteau de soja) améliorent l’autonomie des exploitations. D’autre part, l’impact est négatif car on considère que plus une exploitation est autonome et plus elle est durable, mais à l’échelle du territoire les interrelations entre acteurs participent au maintien d’une dynamique territoriale.

POINTS DE VIGILANCE

Il n’est pas toujours possible d’observer les impacts des complémentarités cultures et élevage en raison de plusieurs freins.

Le principal frein concerne la place stratégique des complémentarités dans le système de production. En effet, l’impact des complémentarités sur les performances nécessite qu’elles aient été intensifiées et organisées en un système cohérent pour deux raisons :

  • L’introduction de nouvelles pratiques a un impact sur l’ensemble du système. Si les impacts ne sont pas pris en compte on risque d’avoir des incohérences dans le système. Ainsi, l’introduction d’une prairie temporaire permet d’améliorer l’autonomie alimentaire, mais elle a aussi un impact sur la fertilité des sols et la fertilisation des cultures suivantes. Si cet impact n’est pas pris en compte, les achats d’engrais resteront élevés et l’impact de la prairie sur l’autonomie économique ne sera pas ou peu visible malgré une baisse d’achat d’aliments.
  • L’introduction d’une pratique isolée sans cohérence avec l’ensemble du système n’a pas d’effet visible. Ainsi l’introduction d’une prairie temporaire n’aura d’effet que si elle est inclut dans une stratégie visant l’autonomie alimentaire qui va impacter les rations des animaux et les autres productions fourragères et de concentrés.

 

Deux autres freins peuvent être cités : 

  • Certains effets ne sont visibles qu’à moyen ou long terme, c’est le cas de toute modification de l’assolement et des itinéraires techniques sur la fertilité des sols,
  • Certains effets manquent de connaissances scientifiques, comme l’impact de modification des rations sur la santé animale.

Si on reprend l’exemple de l’introduction d’une prairie temporaire, on peut résumer ces facteurs dans le schéma suivant, pour l’introduction d’une pratique :

 

 

N.B : L’ensemble de ces freins sont à prendre en compte pour chaque pratique. On comprend alors que l’analyse de la durabilité est d’autant plus compliquée que les pratiques à considérer sont nombreuses et diverses.

DES LIENS VERS D'AUTRES ÉVALUATIONS

Deux autres projets nationaux ont mené des évaluations de l'impact des complémentaires entre cultures et élevage :

Le projet Casdar RED SPyCE

Ce projet a mené deux évaluations à l’échelle de l’exploitation de polyculture-élevage. Une première évaluation sur les impacts économiques et environnementaux, une seconde évaluation sur les impacts sur le travail. Ces travaux sont disponibles dans les entrées « Économie », « Environnement » et « Travail » du dictionnaire amoureux de la polyculture-élevage : dictionnaire-amoureux-de-la-pce

Le projet Casdar CEREL

Ce projet a mené une évaluation à l’échelle de coopérations entre céréaliers et éleveurs des impacts systémiques des complémentarités entre cultures et élevage. L’ensemble des résultats du projet sont disponibles sur la page du projet hébergé par les Chambres d’Agriculture Centre-Val de Loire : le-projet-casdar-cerel