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Adventices

Leviers de gestion des adventices

Attenuation - Compétition par la culture de vente

Mode d'action

Les adventices, et leur nuisibilité primaire directe, ont un impact important sur les cultures.

L’objectif de cette méthode est de bloquer l’accès aux ressources, notamment spatiale, pour les adventices, et ainsi les empêcher de se développer et de générer des dommages aux cultures.

Pour cela, différentes possibilités :

  • Utiliser des cultures à croissance rapide et/ou étouffement fort,
  • Choisir des variétés ou des mélanges variétaux à concurrence forte
  • Associer des cultures
  • Augmenter la densité de semis et/ou réduire l’inter rang

Adventices cibles

La sensibilité d’une adventice a ces pratiques dépend de plusieurs facteurs : sa vitesse de croissance, son ombrophilie, son comportement quand elle est à l’ombre…

En synthétisant ces éléments, nous pouvons apprécier la sensibilité de chaque adventice de manière globale.

Sensibilité des adventices à l'étouffement . Source : Agro-Transfert

Cultures étouffantes

Certaines cultures ont un aspect étouffant pour les adventices, de part leur rapidité de  croissance et par l’espace qu’elles occupent. Parmi les plus étouffantes, on peut lister les orges, le triticale, le sarrasin, le chanvre et l’avoine d’hiver . Le blé et le colza ont également un pouvoir couvrant intéressant, plus dépendant de leur date d’implantation, de leur variété ou de l’inter rang.

Placer des cultures étouffantes dans sa rotation permet de bloquer le cycle des adventices, et d’assurer une période ou elles ne pourront pas ou peu s’exprimer, favorisant ainsi la dégradation de leur stock semencier fonction de leur TAD

Il faut néanmoins s’assurer de leur bonne implantation, afin d’assurer une rapidité de couverture suffisante pour concurrencer les adventices

Effet variétal

Ici en blé, on voit que le choix variétal influence la biomasse adventice . En effet, selon le port plus ou moins étalé, l’espace disponible et l’accès à la lumière pour les adventices est plus ou moins aisé, ce qui explique les différences entre les biomasses adventices

Effet de la variété sur la biomasse adventice. Source : Munier-Jolain, 2006

Expérimentation : cultures associées

Resultats expérimentation cultures associées . Source : Agro-Transfert
Resultats expérimentation cultures associées . Source : Agro-Transfert

Nous avons mené un essai terrain en 2022 pour tester l’intérêt d’une association orge et pois  de printemps comparée aux deux cultures solos. On voit que l’association a permis de réduire fortement la biomasse adventice par rapport aux pois seuls, mais qu’elle est moins performante que l’orge.

L’association pose la question de la gestion des deux cultures :

  • Il faut adapter les programmes de désherbage
  • Dans le cas de deux cultures récoltées, le triage ou des récoltes différées sont à prévoir
  • Le matériel de semis doit être adapté, soit pour le semis simultané, soit pour une culture dans une autre

Densité et inter-rang

Augmenter la densité de semis permet d’augmenter la concurrence  précoce de la culture vis-à-vis des adventices, en occupant l’espace de manière plus importante.

L’augmentation est de l’ordre de +10 a +50% de la densité initiale. L’efficacité de cette pratique est d’autant plus marquée que l’inter rang est réduit

Effet de l'ecartement sur la production semencière. Source : INRAE Dijon
Effet de l'ecartement sur la production semencière. Source : INRAE Dijon

Une expérimentation de l’INRA de Dijon a été réalisée dans une culture de soja semée à 3 écartements : 12,5 cm, 24 cm et 50 cm. La densité est identique dans les 3 traitements (60 plantes/m²).

La biomasse et la production semencière d’amarante ont été mesurées et les résultats montrent qu’à densité équivalente, une culture implantée avec un faible écartement entre les rangs, est plus concurrentielle vis-à-vis des adventices parce qu’elle couvre le sol de manière plus homogène en laissant le sol moins exposé à la lumière.

Il y a en conséquence moins de production de graines

Risques

L’augmentation des densités de semis doit être gérée en cohérence avec le contexte régional. Dans le cas des Hauts-de-France où l’hiver doux limite les pertes hivernales, les semis denses génèrent un risque de développement accru des maladies foliaires, du pied et de la verse physiologique.

En Bourgogne, le climat plus continental et les sols plus argileux génèrent plus de pertes de pieds, impliquant de réaliser des semis plus denses qu’en Picardie avec moins de risques de maladies et de verse. En outre, la densité de semis prise seule n’est pas un levier aussi puissant que la succession culturale, le labour, le faux-semis ou le retard de la date de semis pour gérer les adventices.

Les semis clairs en blé en Picardie permettent malgré tout une couverture du sol suffisante pour à la fois ne pas dégrader l’état malherbologique et réduire le risque maladies et verse

Sommaire

Pour aller plus loin

Protocole d’observation des annuelles

Protocole d’observation des vivaces

La biologie des adventices ciblées par cette pratique

Adventice 1

Adventice 2

Références bibliographiques

  • MUNIER-JOLAIN, N.M. ; CAUVEL, B. ; GASQUEZ, J. 2005. Stratégies de Protection Intégrée contre les adventices des cultures : le retour de l’agronomie. Enjeux phytosanitaires pour l’agriculture et l’environnement.  Editions C Regnault-Roger. Lavoisier, Paris, p. 411-430