Des simulations pour déterminer la date de début drainage

Des simulations pour déterminer la date de début drainage

Les simulations « grandes échelles » correspondent aux simulations hebdomadaires réalisées par Agro-Transfert en période automnale pour différentes situations culturales représentatives de la majorité des départements des Hauts-de-France en tenant compte des précipitations réelles dans chaque site. L’objectif initial de ces simulations est de définir la plage de dates avant drainage pour accompagner la campagne de reliquats début drainage.

Les situations culturales simulées dans le département de l’Aisne ont été établies avec Julien Gaillard. Celui-ci les valorise auprès des agriculteurs suivis. Zoom sur son retour d’expérience

 

Julien, pourquoi s’intéresser particulièrement à une date de début drainage ?

Pour comprendre, il faut partir de la définition du Reliquat Entrée Hiver (REH) : il s’agit de la mesure du stock d’azote minéral dans le sol avant la période de drainage. Contrairement au Reliquat Sortie Hiver (RSH), qui est un outil d’aide à la décision, le REH est un indicateur environnemental puisqu’il correspond au stock d’Azote Potentiellement Lixiviable (c’est pour ça qu’on parle d’APL en Wallonie). Le risque de contribution à l’enrichissement des eaux souterraines en nitrates est d’autant plus important que le REH est élevé. Mais à ce stade on parle de risque ou de potentiel, car le transfert effectif des nitrates en profondeur dépendra des conditions climatiques et de la nature du sol.

tableau ZAR

Pour obtenir un indicateur fiable, il faut le prélever au bon moment. Si on fait ce prélèvement de reliquat trop tard, le chiffre sera biaisé : une partie de l’azote aura déjà pu migrer par lixiviation, ce qu’on a mesuré ne voudra alors rien dire. À l’inverse, si on le fait trop tôt, il risque d’y avoir encore de la minéralisation, le reliquat prélevé ne correspondra pas à la quantité d’azote qui risque d’être lixivié.

Pour la petite histoire, sur le réseau AZUR[1], commencé en 2012, on partait sur une date fixe calendaire pour prélever. À l’automne 2013, les reliquats se sont trouvés très faibles. Or, avec les fortes pluies automnales, le drainage avait commencé bien plus tôt que la date fixée arbitrairement. On avait perdu de l’information. À ce moment-là, on s’est rendu compte qu’il était très important de déterminer la date de début de drainage pour guider les dates de prélèvements.

 

Julien, que vous apportent ces simulations à grandes échelles réalisées sur Syst’N ?

Ces simulations permettent de déterminer le début drainage de façon fiable. Elles apportent plus de précision puisque le calcul est adapté au contexte agro-pédo-climatique d’un secteur et plus de souplesse à la fois puisque la date optimale déterminée à l’avance (puis réajustée au fur et à mesure). Elles sont calculées toutes les semaines, grâce à un outil fiable, à partir des informations fournies à Agro-Transfert pour représenter les situations de la zone.

Par ailleurs, les mesures de REH, ou Reliquat Début Drainage (RDD), sont une obligation règlementaire dans les Zones d’Actions Renforcées[2]. Quitte à faire des mesures de REH, autant les faire correctement si on veut en tirer quelque chose.

 

Comment valorisez-vous les sorties auprès des agriculteurs ?

Afin de toucher un maximum d’agriculteurs, on a présenté de façon synthétique et simple les simulations faites avec l’outil Syst’N. On les a résumées pour les rendre accessibles via le site internet de la chambre d’agriculture Hauts-de-France (https://hautsdefrance.chambres-agriculture.fr/environnement-territoires/eau-sol/directive-nitrates/zar-et-autres-mesures/rdd/). L’agriculteur clique sur le lien dédié à son département. Une page avec le tableau de résultats apparaît. Une ligne correspond à une zone géographique. Pour chaque zone, la plage de date de début drainage est précisée avec en plus un code couleur pour simplifier la lecture (blanc : il faut encore attendre ; vert : il est temps de réaliser le prélèvement ; jaune : il est urgent de le réaliser ; rouge : il est trop tard pour pouvoir l’interpréter).


Envisagez-vous d’aller plus loin que la détermination de la date de début drainage à partir des simulations « grandes échelles » faites avec Syst’N ?

Oui, nous sommes en train d’y travailler avec l’équipe d’Agro-Transfert. Plusieurs idées ressortent parmi lesquelles, l’estimation de la quantité de nitrates lixiviée pendant la période de drainage, entre l’entrée et la sortie de l’hiver et participer ainsi à une meilleure compréhension des résultats en sortie d’hiver d’une part et l’estimation des contributions aux fuites de nitrates vers les nappes d’autre part. L’analyse du lien entre pratiques agricoles et contexte pédoclimatique répond à l’objectif global du projet GAZELLE : mieux comprendre les mécanismes en jeu, en s’appuyant sur des outils comme Syst’N, pour améliorer les pratiques.

[1] https://comifer.asso.fr/index.php/fr/component/phocadownload/category/102-posters.html?download=341:poster-gaillard

[2] https://hautsdefrance.chambres-agriculture.fr/environnement-territoires/eau-sol/directive-nitrates/zar-et-autres-mesures/

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2020 : ancrer GAZELLE dans le paysage régional

L'année de lancement, notamment dédiée à l'état des lieux des connaissances a été riche en enseignements, comme l’illustre le schéma (à droite), structurant les actions du projet.

L’objectif de cette première action était de réaliser un état des lieux des connaissances, en capitalisant au maximum l’existant, pour structurer le projet sur des bases solides et partagées par tous les acteurs.

Pour mieux maîtriser le contexte et les enjeux régionaux, les historiques et évolutions de (1) la qualité de l’eau, (2) des politiques publiques, (3) des systèmes de culture et (2) des reliquats, le tout en région Hauts-de-France, ont été retracé. Pour cela, une première étude a été confiée aux étudiants de JUNIA ISA Lille de février à mai et avait pour objectif de se concentrer sur les historiques de la qualité de l’eau et des politiques publiques en région.

Une deuxième étude a ensuite été confiée à un stagiaire de 3 mois, co-encadré par le LDAR et AGT, visant à retracer l’évolution des systèmes de culture et des reliquats en région à partir des bases de données analyses de terres et reliquats du LDAR ainsi que des enquêtes pratiques culturales en Hauts-de-France.

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Pour mieux comprendre les prises de décision des agriculteurs dans leur gestion de l’azote, l’accompagnement dont ils bénéficient, et pour faire émerger les besoins, les contraintes, les références manquantes et les idées ou concepts à approfondir dans notre démarche, un diagnostic des usages a été entrepris. La méthodologie suivie pour réaliser ce diagnostic des usages est décrite dans le Guide pratique Diagnostic des Usages (IDEAS, 2020) et se structure sur des enquêtes auprès des agriculteurs et des acteurs de l’accompagnement et du conseil. Cette phase d’enquête se poursuivra en 2021 et est accompagnée d’une veille bibliographique visant notamment à compléter le recensement des besoins en références en région.

Pour alimenter les ateliers participatifs, voire les formations, avec les agriculteurs, pour faire l’inventaire des indicateurs complémentaires aux reliquats début drainage, et, simplement pour partager les connaissances de base sur les cycles biogéochimiques de l’azote, une sous-action de cette première phase du projet visait à formaliser l’ensemble des processus liés aux flux azotés (lessivage, volatilisation, dénitrification, etc.) et indicateurs permettant de les suivre (reliquats, concentration, ratio, etc.). Pour cela, plusieurs supports sont proposés et en cours de finalisation, permettant d’une part de replacer les processus et indicateurs sur des cycles culturaux (cultures d’hiver et de printemps), et d’autre part, d’associer aux processus des pratiques (les influençant positivement ou négativement) et des indicateurs (en les ayant définis et classés au préalable selon notamment leur temporalité).

 Enfin, pour tirer les enseignements des expériences de projet ou initiatives locales ayant expérimenter cette logique par objectifs de résultats, une synthèse bibliographique a été entreprise et sera bientôt disponible.

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En 2020, GAZELLE a pris son élan !

Les partenaires techniques ayant manifestés leur intérêt pour le projet ont été rencontrés au cours du mois de janvier. Les objectifs de ces entretiens étaient de faire connaissance, cerner les travaux et missions de chacun en lien avec le projet, discuter du cadre du projet, et enfin, recueillir les attentes de chaque partenaire. Parmi les attentes recueillies lors de ces entretiens, la volonté d’approfondir la complémentarité entre projets, missions et expérimentations menés par les partenaires, est fortement ressortie.

Une réunion de calage s’est ensuite tenue au début du mois de février réunissant l’ensemble des partenaires techniques pressentis du projet pour valider les différentes actions structurant la première phase du projet et identifier l’implication de chaque structure.

Des échanges en bilatéral avec ces partenaires techniques ont eu lieu suite à cette réunion pour affiner leur degré d’implication dans le projet. Par ailleurs, et tout au long de l’année, des rencontres et échanges se sont tenus avec d’autres structures intéressées par le projet, aujourd’hui partenaires techniques ou associés, pour définir également leur implication dans la première phase du projet.

Faute de pouvoir organiser le comité de lancement du projet au printemps du fait de la situation sanitaire de 2020, une réunion d’avancement en visio-conférence a été organisée pour (i) maintenir une dynamique malgré le confinement, (ii) présenter et discuter de l’état d’avancement du projet, (iii) organiser la suite des actions et (iv) répondre aux questions de chacun. Le nom « GAZELLE » a aussi été validé suite à un sondage.

Le comité de lancement s’est tenu au début du mois d’octobre et en plénière, c’est-à-dire avec l’ensemble des partenaires, techniques, associés et financeurs. Cet événement a eu lieu en visio-conférence également, sur une journée entière. Le matin avait pour objectifs de (i) valider les fondements et la gouvernance du projet, (ii) présenter et discuter de l’état d’avancement du projet et (iii) organiser la suite des actions. L’après-midi avait, quant à elle, pour vocation de créer du lien avec d’autres projets et initiatives complémentaires à GAZELLE et de porter à connaissance de l’ensemble du partenariat l’utilisation de l’indicateur APL (Azote Potentiellement Lessivable) en Wallonie via la structure Protect’eau, à la requête des partenaires ressortant de la série d’entretiens menée en janvier auprès des partenaires techniques intéressés par le projet.

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