Séminaire autour du Reliquat Début Drainage (RDD) : un partage d’expérience porteur pour GAZELLE

Pourquoi ce séminaire ?

Le Reliquat Début Drainage (RDD), aussi appelé Reliquat Entrée Hiver (REH) ou Azote Potentiellement Lessivable (APL), réunit les experts du sujet depuis maintenant de nombreuses années dans le cadre du RMT anciennement « Fertilisation et Environnement », aujourd’hui RMT BOUCLAGE.

Néanmoins, la fréquence et la durée de chaque rencontre ne permettaient pas de partager efficacement les retours d’expérience de chacun et d’avancer sur les freins, leviers et usages de ce reliquat.

Pour partager plus efficacement « les joies et les peines » autour de ce REH, Gembloux AgroBioTech et Agro-Transfert ont organisé un séminaire du 30 mai au 3 juin dernier, dans le cadre exceptionnel des Alpes de Hautes-Provences, dans le village de Peyresq. « Se déconnecter pour mieux se connecter » était les maîtres mots de ce séminaire.

Repartis en 6 sessions thématiques, les 25 contributeurs du séminaire ont pu exposer leurs retours d’expérience et échanger avec les autres participants sur les questions en suspens, les forces et faiblesses des dispositifs et discuter des perspectives.

Les sessions en détail

  • La 1ère session portait sur les retours d’expérience autour des prélèvements et de l’échantillonnage des reliquats. Les difficultés logistiques, le point de vue des laboratoires, la variabilité spatiale des prélèvements ou encore la profondeur d’échantillonnage ont ainsi été discutés.
  • Dans la 2ème session, le lien entre mesures de RDD et qualité de l’eau a pu être approfondi à travers des dispositifs expérimentaux à différentes échelles : parcelle, drain et bassin versant.
  • La 3ème session était dédiée au couplage entre mesures de RDD et modélisation. Ce que permettent des outils comme Lixim, STICS et Syst’N ont ainsi été abordés : évaluation des pratiques agricoles, estimation du risque de lixiviation ou encore détermination des dates de début drainage. Dans cette session, la méthode mise en place dans le cadre de GAZELLE par Agro-Transfert, pour estimer les créneaux de prélèvements idéaux de RDD sur les Zones d’Actions Renforcées en Hauts-de-France, a été présentée et a suscité un vif intérêt.
  • Le traitement des données mesurées et l’interprétation qui pouvait être faite de ces reliquats ont été approfondis dans une 4ème session. La diversité des méthodes suivies a permis d’ouvrir le champ des possibles en termes de pistes d’interprétation et de valorisation des données collectées.
  • La 5ème session portait spécifiquement sur l’accompagnement des agriculteurs autour du RDD : différentes démarches d’accompagnement et d’animation de territoire ont ainsi été présentées et débattues.
  • Enfin, la 6ème session portait sur les retours d’expérience de syndicats d’eau ou bureau d’étude autour de la mise en place de Paiements pour Services Environnementaux, construits à partir du RDD comme indicateur.

Une analyse transversale de ces retours d’expériences, réalisée par Agro-Transfert et l’INRAE, a permis de clôturer le séminaire en faisant émerger les principaux usages du RDD. Chaque usage du RDD ayant un cadre d’application, des acteurs impliqués et une finalité qui lui sont propres.

Suites à donner

Chaque contributeur de ce séminaire a rédigé un article restituant son retour d’expérience. Les échanges lors du séminaire vont permettre d’en alimenter les discussions. L’ensemble de ces articles sera compilé dans un ouvrage à paraître à la fin d’année.

Ce séminaire fut un succès et unanimement enrichissant pour tous les participants, tant sur le plan professionnel qu’humain. Le fait de s’isoler 4 jours consécutifs sur une même thématique n’est pas habituel. Néanmoins, tous les contributeurs sont sortis convaincus de la nécessité de l’avoir fait, le reliquat début drainage étant un indicateur au très fort potentiel, encore mal compris et complexe à interpréter. Ce séminaire et l’ouvrage qui en découlera contribueront à une meilleure compréhension de ce reliquat, à lever certaines idées reçues et difficultés pour mieux l’utiliser et le déployer, notamment dans notre projet GAZELLE.

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Le jeu enjeux : le brise-glace autour de la gestion de l’azote

L’accompagnement proposé dans GAZELLE va au-delà l’enjeu de la qualité de l’eau et vise à traiter les enjeux prioritaires pour les exploitants autour de la table pour les mobiliser dans la démarche.

La première étape pour co-contruire ce que l’on appelle le projet de groupe (qui sera ensuite traduit en tableau de bord, cf newsletter précédente) consiste à identifier l’ensemble des enjeux à considérer en parallèle de la qualité de l’eau. Pour ce faire, nous avons imaginé un jeu simple permettant à chaque agriculteur du groupe d’exprimer ce qui le préoccupe, les enjeux qui le tiennent à cœur, pour lui, pour son exploitation ou pour son territoire.

L’idée est de choisir parmi un ensemble de thématiques illustrées, correspondant à des enjeux ou problématiques à différentes échelles (comme illustrée dans la figure ci-dessous), 3 sujets qui les préoccupent, qui les intéressent le plus ou qu’ils voudraient approfondir. Ce choix restreint est difficile mais les pousse à hiérarchiser leurs préoccupations.

Après un court temps de réflexion individuelle d’environ 5 minutes, chaque agriculteur est invité à décrire les 3 sujets retenus et pourquoi. L’animateur doit alors accompagner l’agriculteur à développer un maximum son ressenti, en chiffrant ou détaillant une situation précise par exemple. Ce tour de table structuré permet de recueillir l’avis de chacun et de faire émerger collectivement les enjeux prioritaires à coupler à la qualité de l’eau dans la suite de la démarche.

Les retours sur ce jeu, qui a été testé sur les 3 groupes pilotes, ont été positifs. Sur 2 des groupes, les agriculteurs ont pu choisir 3 enjeux en plus de la qualité de l’eau, considérée dès le départ comme enjeu central pour eux. Les résultats sont diversifiés et riches d’enseignements. En plus des performances agronomiques et économiques, on ressent une préoccupation autour du maintien voire l’augmentation de la teneur en matières organiques des sols. L’autonomie azotée, la limitation des pertes azotées, de meilleures connaissances sur les interactions sol-plante-climat ressortent de manière franche. Le changement climatique, la qualité de production et la biodiversité ont également été développés à plusieurs reprises.

Au-delà d’identifier les sujets à approfondir en plus de la qualité de l’eau, ce jeu permet de mettre en évidence les attentes et les freins des agriculteurs du collectif. A travers les échanges qui ont lieu lors du tour de table, les motivations du groupe émergent, tout comme les services attendus par une meilleure gestion de l’azote, permettant également d’initier la réflexion autour des objectifs de résultats à atteindre.

Ce jeu a aussi pour vocation d’illustrer que tous les enjeux sont liés ensemble. En agissant sur l’un d’eux, on a nécessairement un impact sur les autres. L’objet de la démarche est de trouver le juste compromis vertueux pour l’environnement comme pour l’agriculture du territoire.

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Point d’étape sur l’avancée de nos groupes pilotes

Déploiement de la démarche

Le déploiement de la démarche d’accompagnement « GAZELLE » suit son court sur les 3 groupes pilotes du projet.

Plusieurs rencontres ont pu se tenir depuis le début de l’année, malgré le peu de fenêtres libres que la météo a laissé aux agriculteurs, notamment ce printemps.

Diagnostic des pertes

Des premiers diagnostics des pertes azotées ont pu être réalisés auprès des groupes. Ainsi, les simulations des pertes azotées à l’échelle de la rotation avec l’outil Syst’N[1], sur les parcelles suivies dans le projet, ont entre autres été réalisées et discutées avec les agriculteurs.

Les simulations mettent en évidence des pertes moyennes entre 15 et 30 kg N-N03/ha/an. Les principales situations de pertes se situent derrière les cultures de printemps, notamment après pomme de terre et pois de conserve, après plusieurs semaines laissées en sol nu (en moyenne 51 kg N/ha/an ± σ = 24 kgN/ha/an) ; derrière les CIPAN qui pourraient être mieux optimisées (en moyenne 41 kg N/ha/an ± σ = 17 kgN/ha/an) ; ou encore derrière colza où les repousses pourraient aussi être mieux optimisées (en moyenne 41 kgN/ha/an ± σ = 24 kgN/ha/an). Une analyse est en cours pour identifier plus finement les facteurs expliquant la variabilité des pertes simulées.

Le partage de ces simulations a généré de riches moments d’échanges, de pédagogie et de questionnements. Les agriculteurs ont apprécié cette approche ludique, pertinente et adaptée à leur système pour réfléchir aux pratiques à modifier pour limiter les pertes azotées. Même si les échanges sont à poursuivre, plusieurs idées d’actions ressortent des discussions : interculture courte (quand les dates de récolte du précédent le permettent), anticipation de la date d’implantation de la CIPAN (avec test du semis à la volée avant moisson), destruction plus tardive des CIPAN (quand les conditions pédoclimatiques le permettent), repousses de colza associées à l’implantation d’une moutarde, destruction plus tardive des repousses de colza (quand la pression insecte, maladie et adventices le permettent), ou encore, adaptation de la succession de culture pour permettre une meilleure absorption de l’azote après un précédent riche.

Échange autour des situations de pertes avec les agriculteurs mobilisés sur le groupe de Lesquielles

Objectifs de résultats fixés

En ce qui concerne les objectifs de résultats, la limitation des concentrations en nitrate sous racinaire à 50 mg/L fait consensus. Cet objectif de qualité de l’eau est associé à la performance économique des exploitations pour l’un des groupes ; pour un autre, il serait a priori couplé à la recherche d’une autonomie azotée (à approfondir lors de la prochaine rencontre). Le troisième a fait le choix de se fixer un objectif plus générique de limitation des pertes (incluant également les pertes par volatilisation), associé à un objectif de stockage carbone (également à définir plus précisément lors de la prochaine rencontre) dans une volonté de préserver la matière organique de leurs sols. Ces objectifs de résultats ont pu être construits ensemble grâce au jeu enjeux (cf article suivant).

Les discussions se poursuivront à l’automne lors de tours de plaine autour des couverts. Occasion de peaufiner les objectifs de résultats à atteindre, de finir de co-construire le tableau de bord propre à chaque groupe et d’observer collectivement les premiers tests d’action proposés par les agriculteurs suivis.

[1] Syst’N : outil de simulation des flux azotés à l’échelle de la rotation https://systn.ea.inrae.fr/

 

 

 

 

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Renouveler l’approche de la gestion de l’azote en région

L’objectif de projet GAZELLE : fournir aux agriculteurs les éléments pour mieux comprendre les dynamiques azotées et améliorer la gestion globale de l’azote au sein de leurs systèmes de culture.

Schématiquement, l’animateur et les agriculteurs en groupe établissent ensemble la destination à atteindre (= les objectifs de résultats). Les agriculteurs disposent d’une boussole et de toutes les cartes (= nos fiches pédagogiques, nos supports de formations, nos animations, nos simulations des flux azotés, etc.), pour déterminer eux-mêmes, avec l’aide de l’animateur, l’itinéraire à suivre pour atteindre cette destination.

La première phase du projet (2020-2021) a permis de construire le prototype de la démarche d’accompagnement des agriculteurs. Elle se structure autour d’un projet de groupe, établi collectivement et définissant notamment les objectifs de résultats à atteindre. Ce projet de groupe est traduit en tableau de bord : outil simple, pédagogique et dynamique. Il permet tout au long de l’année d’évaluer l’atteinte ou non des objectifs (à travers des indicateurs observés au champ, mesurés ou encore simulés) et surtout de prévoir des ateliers, tours de plaine et interventions adaptés à son animation.

Pour accompagner les animateurs dans la mise en œuvre de cette démarche d’accompagnement, la conception du tableau de bord et l’animation du groupe, un prototype de boîte à outils a été conçu au cours de ces 2 premières années de projet. Composée de guides pour chaque étape de la démarche, de supports pédagogiques, de méthodes d’aide à l’interprétation des pertes azotées, de fiches cas-types régionaux avec interprétation et ouverture aux leviers d’actions mobilisables, et bien d’autres ressources à améliorer et consolider avec les retours d’expérience des animateurs et agriculteurs !

Ce retour d’expérience est au centre de la phase 2 du projet (2022-2024). L’objectif de cette deuxième phase est de tester la démarche d’accompagnement et la boîte à outils auprès de groupes d’agriculteurs pilotes du projet ! A ce jour, 3 groupes pilotes sont volontaires pour l’expérimentation

Ces tests grandeur nature permettront d’améliorer les ressources construites en phase 1 et d’en créer de nouvelles, répondant aux besoins et objectifs des agriculteurs mobilisés. L’idée est de coupler les objectifs qualité de l’eau à d’autres objectifs : économiques, sociaux, agronomiques, etc. Ils permettront aussi d’évaluer les forces et les faiblesses de cette démarche et l’appropriation par les acteurs de ce nouveau raisonnement.

Pour suivre l’évolution du projet et de déploiement-test de la démarche d’accompagnement sur les groupes pilotes, nous vous invitons à vous inscrire à la newsletter du projet GAZELLE

Pour plus d’informations sur le projet ou la démarche, contactez : m.delesalle@agro-transfert-rt.org

 

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Une boîte à outil prometteuse pour les conseillers et animateurs régionaux !

Notre démarche d’accompagnement à la gestion de l’azote orientée vers des objectifs de résultats à atteindre repose sur l’usage de ressources, correspondant à la « boîte à outil » de l’acteur du conseil.

Ces ressources ont ainsi été formalisées dans une première version « prototype », dans l’attente d’être testées par les animateurs auprès des groupes d’agriculteurs pilotes de la phase 2 du projet. Elles correspondent à des guides pour mener à bien chaque étape de la démarche, des aides à l’interprétation des pertes, des supports pédagogiques pour sensibiliser les agriculteurs aux risques de pertes, etc.

 La figure suivante illustre les principaux outils mis à disposition des animateurs :

À fin du projet en 2024, ces ressources testées, améliorées, validées, seront largement diffusées et mises à dispositions des acteurs du conseil et du développement agricole régional.

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3 groupes d’agriculteurs pilotes sur les starting-blocks !

Trois groupes volontaires pour expérimenter la démarche d’accompagnement co-construite dans la phase 1 du projet ont été proposés par les chambres d’agriculture partenaires du projet. L’objectif est dans un premier temps de limiter le nombre et la taille des groupes pour faciliter l’expérimentation. Leur diversité, riche d’enseignements pour le projet, est illustrée dans le tableau suivant.

En fin d’année dernière, des reliquats entrée hiver ont été effectués chez les agriculteurs mobilisés. Ce début d’année est marqué par la collecte, auprès de chacun d’eux, des données complémentaires aux reliquats et nécessaires pour paramétrer l’outil Syst’N* (informations sur l’itinéraire cultural principalement). L’objectif est de simuler les flux azotés au sein des systèmes de culture suivis pour réaliser un diagnostic initial des pertes azotées du groupe.

Un premier groupe de travail entre animateurs des groupes pilotes et conseillers partenaires du projet a été organisé le 17/11/2021 et a permis de poser les jalons du diagnostic initial à mener sur chaque groupe. Un prochain groupe de travail aura lieu le 17/01/2022 pour former les animateurs à l’outil Syst’N et paramétrer les premières situations culturales des agriculteurs mobilisés pour structurer le diagnostic initial des pertes azotées.

Ce diagnostic initial sera la base des discussions qui suivront pour élaborer le projet du groupe (les objectifs de résultats qu’ils se fixent et les pistes à creuser pour les atteindre).

*Syst’N est un outil de simulation des pertes azotées à l’échelle du système de culture. C’est l’outil phare du projet GAZELLE, sur lequel on se repose pour sensibiliser les agriculteurs, interpréter les reliquats et dynamiques d’azote, proposer des leviers d’actions contextualisés et durables pour l’agriculteur, imaginer de nouvelle démarche, de nouveau raisonnement : notre muse ! http://www.rmt-fertilisationetenvironnement.org/moodle/course/view.php?id=8

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2ème phase du projet GAZELLE : 3 – 2 – 1 : partez !

La deuxième phase du projet consiste tout d’abord à tester et améliorer la démarche d’accompagnement élaborée dans la phase 1 du projet (2020-2021).

Cette phase de test permettra :

  • d’étudier l’appropriation de la démarche par les différents acteurs régionaux impliqués
  • d’évaluer la faisabilité de déployer largement tout ou partie de la démarche en région en identifiant notamment les freins et leviers à son déploiement
  • et aussi d’expérimenter la logique d’objectifs de résultats pour atteindre ceux attendus en région, notamment en matière de qualité de l’eau.

Cette deuxième phase consiste également d’une part à consolider les ressources produites dans la phase 1 et d’autre part à construire et formaliser les références régionales encore manquantes (ex : références économiques, leviers agronomiques innovants, etc.) en nous reposant notamment sur les objectifs de résultats identifiés par les groupes pilotes.

Enfin, cette deuxième phase du projet vise à largement diffuser les résultats du projet de sorte à améliorer de manière pérenne la gestion de l’azote, et par là, la qualité de l’eau en région Hauts-de-France.

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Des cas-types en région pour comprendre les pertes azotées et y faire face

Une des sorties envisagées cette année dans le cadre du projet consiste à produire des références régionales autour des pertes azotées, sous forme de cas-types, analysés et illustrés de manière pédagogique. Ces cas-types représenteront des situations culturales (= rotations x pratiques culturales x type de sol x climat) typiques de la région Hauts-de-France et seront simulés à l’aide de l’outil Syst'N*.

Ces cas-types permettront entre autres de disposer d'un premier « outil » pédagogique pour initier et faciliter les échanges avec les agriculteurs autour des pertes azotées et des pratiques permettant de les limiter : analyse de l’interaction sols-climat-systèmes de culture-reliquats ; situations à risques ; leviers mobilisables, etc… L’objectif est de pouvoir identifier rapidement des situations potentiellement problématiques et d’envisager des actions correctives assez simplement sur des situations présentes en région.

Les partenaires scientifiques et techniques du projet ont été réuni lors d’un groupe de travail le 10 février dernier. Cette rencontre avait pour objectif de construire la méthodologie permettant de définir les cas-types à simuler sur Syst’N. À partir de cette méthodologie et d’autres échanges bilatéraux avec certains partenaires, les principaux cas-types régionaux ont pu être caractérisés (successions culturales, caractérisées par des pratiques, dans un pédoclimat donné) et simulés (paramétrés dans Syst’N). Leur analyse est en cours. Les étapes suivantes consisteront à formaliser l’analyse de ce cas-type initial, de proposer les leviers d’action adaptés à ce cas-types et d’en simuler les impacts (fournir les ordres de grandeur caractérisant le potentiel de chaque levier d’action à limiter les pertes).

*L’outil Syst’N permet d’estimer les pertes azotées des systèmes de culture : http://www.rmt-fertilisationetenvironnement.org/moodle/course/view.php?id=8

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Recherche agriculteurs et animateurs motivés pour aventure riche en découvertes !

Cela s’adresse à des agriculteurs motivés, curieux prêts à participer à cette démarche collective et innovante, ainsi que des animateurs désireux de monter en compétences et prêts à tester une nouvelle posture de conseil. Les groupes pilotes seront en priorité localisés sur des zones à enjeu eau.

Une homogénéité des groupes n’est pas recherchée. Au contraire, une diversité en termes de localisation, de structure d’accompagnement, d’objectifs de résultats visés en plus que la qualité de l’eau sera recherchée.

Le test de la démarche se fera à plusieurs niveaux. Pour privilégier la qualité du test de la démarche à la quantité, un nombre restreint de groupe d’agriculteurs pilotes sera suivi. Néanmoins, les ressources produites dans la première phase du projet seront mises à disposition des acteurs régionaux pour avoir un retour sur leurs usages et pouvoir les améliorer en continu. Ainsi, on distinguera les groupes pilotes, qui testeront la démarche complète et dont les animateurs seront aidés et accompagnés par Agro-Transfert, des groupes dits « satellites », qui pourront piocher dans les ressources du projet et tester partiellement la démarche, et ce en autonomie.

Le test de la démarche se fera en plusieurs temps : en fonction des motivations des structures d’accompagnement et des agriculteurs, 2 groupes pourrait être mobilisés dès 2021 (rencontres avec les agriculteurs printemps-été 2021 pour un déploiement de la démarche dès l’automne). Puis, au cours de la deuxième phase du projet, d’autres groupes pourraient venir se greffer à l’expérimentation (le nombre de groupes pilotes supplémentaires dépendra des retours d’expérience des 2 premiers groupes, dès 2022).

Cette souplesse dans le calendrier de mobilisation s’explique par la temporalité spécifique à la démarche. En effet, le diagnostic des pertes sera réalisé à partir d’un reliquat début drainage et le plan d’action (ou projet de groupe) sera construit avec les agriculteurs entre la fin de l’automne et la sortie de l’hiver. Non seulement, les agriculteurs sont plus disponibles à cette période de l’année mais aussi, le projet de groupe, décliné en tableau de bord, doit être prêt pour le cycle cultural suivant, au printemps. Cette temporalité suggère donc que les groupes pilotes mobilisés l’année prochaine soient lancés dès cette année 2021 pour une campagne de reliquat début drainage à l’automne 2021.

Un groupe de travail sera organisé courant juin avec les futurs animateurs pour commencer l’appropriation de la démarche et structurer l’argumentaire pour inciter les agriculteurs à participer.

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Un prototype de démarche d’accompagnement qui se construit pas à pas

Les principes de la démarche

La démarche d’accompagnement se définit par une méthode à suivre, étape par étape, structurée sur des ressources diversifiées et pédagogiques, pour accompagner les agriculteurs à la gestion globale de l’azote (entendre par là, la manière dont sont raisonnés les flux d’entrée et de sortie d’azote au sein d’un système de culture). La démarche d’accompagnement proposée dans le cadre du projet GAZELLE se base sur des objectifs de résultats à atteindre en matière de qualité de l’eau en cohérence avec d’autres objectifs et enjeux pour les agriculteurs : qualité de vie, de l’air, des sols, etc. Ces objectifs de résultats sont co-construits avec les agriculteurs mobilisés sous forme de collectif (lien vers article 2) et laissent de la liberté aux agriculteurs dans les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. La finalité de la démarche est de les guider afin de construire leur propre stratégie agronomique, ceci pour réduire les pertes azotées et atteindre les objectifs fixés.

Le prototype de la démarche repose sur les entretiens menés avec les acteurs agricoles régionaux depuis le début du projet GAZELLE, sur de nombreuses sources bibliographiques (travaux sur les processus participatifs, sur la conception collective et innovante, sur la mobilisation des acteurs autour de la gestion de l’azote, de la gestion de l’eau ou autres, sur la construction de projet territoriaux, etc.) et est inspirée de la démarche Transit’eau de gestion dynamique des AAC (Ferrané et al., 2020).

Les étapes envisagées

La 1ère étape consiste à réaliser le diagnostic initial. Il s’agira tout d’abord de caractériser finement le contexte agronomique, environnemental et les acteurs en présence sur le territoire de projet. Puis, un diagnostic des pertes et des situations à risques au sein du groupe sera réalisé à partir de simulations, avec l’outil Syst’N, des reliquats début drainage réalisés, ainsi que des situations culturales des agriculteurs mobilisés (rotations x pratiques culturales x sol x climat), elles-mêmes basées sur des entretiens individuels avec ces derniers.

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La 2ème étape consiste à co-construire, avec les agriculteurs mobilisés, le projet de groupe (ou programme d’action) à partir du diagnostic initial. Les objectifs de résultats, les indicateurs correspondants et les leviers mobilisables seront ensuite définis, à partir notamment des ressources produites dans la première phase du projet, illustrées dans le schéma ci-contre. Enfin, le plan d’action sera rédigé à partir de toutes ces étapes et validé par les agriculteurs autour de la table.

Ce projet de groupe sera ensuite traduit en tableau de bord, outil simple permettant de construire un projet pluriannuel de groupe, déclinable à l’échelle individuelle, décrivant les liens de cause à effet entre pratiques culturales et résultats à atteindre. Il permet de fournir les éléments de compréhension menant vers une plus grande autonomie dans la réflexion autour de l’azote. Il est alimenté par des mesures (comme le reliquat début drainage ou la biomasse des couverts), par des observations (état des champs, des sols, etc) ou encore par des simulations (indicateurs en sortie de Syst’N).

Une fois le tableau de bord validé et partagé en début du printemps, les phases d’animation tout au long de l’année sont organisées :

- des phases d’échanges de connaissances : intervention d’experts, témoignages des agriculteurs ;

- des phases d’observations au champ : tours de plaine à froid pour induire un changement dans la période d’observation de l’azote, mener les observations et les mesures qui permettront d’alimenter le tableau de bord, etc

- des phases d’analyse et de comparaison des résultats obtenus par rapport aux résultats attendus et mise à jour, si nécessaire, du projet de groupe et du tableau de bord.

Ce prototype de démarche sera testé auprès de groupes d’agriculteurs pilotes lors de la deuxième phase du projet GAZELLE (2022-2024).

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